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Jacques de Molay, avec ses grands
prieurs, était toujours en prison. Ayant rétracté les aveux que
leur avaient arraché les supplices, Jacques de Molay et le « Prince
Dauphin » sont déclarés, par Philippe le Bel, relaps. Et le même
jour, 11 mars 1314, ils montent sur un bûcher dressé dans l'île
de la Cité, à l'endroit même où se trouve aujourd'hui sur
le terre-plein du Pont Neuf, la statue de Henri IV.
On raconta que le Grand Maître, en ce moment suprême, assigna le
roi et le pape à comparaître dans l'année devant le tribunal de
Dieu. Le fait est que Philippe et Clément moururent avant la fin
de 1314. Mais peut-être l' « assignation » de Molay ne fut-elle
imaginée que plus tard, à cause, précisément, de ces morts rapides.
Il faut ajouter qu'une autre tradition veut que, dans la nuit
qui suivit l'exécution du Grand Maître, sept Templiers déguisés
en maçons, se glissèrent jusqu'au bûcher et recueillirent pieusement
les cendres du supplicié. Ce serait, selon certains initiés. l'origine
de l'ordre des Francs-Maçons.
Mentionnons encore que de sombres récits coururent sur la fin
tragique des deux chevaliers qui avaient dénoncé l'Ordre du Temple.
L'un fut pendu par arrêt de justice, l'autre fut trouvé égorgé...
Non moins lugubre fut la fin de deux dignitaires qui, compagnons
du Grand Maître pendant sa captivité, avaient «déshonoré le Temple
» en persistant dans les aveux que la torture leur avait arrachés,
et qui leur donnaient la vie sauve.
Un grand mystère enveloppa, tant qu'ils vécurent, les Templiers,
leur vrai caractère et leur vraie croyance... Un même mystère
enveloppa leur mémoire et l'écrivain occultiste, Eliphas Lévy,
résume les légendes qui à leur sujet, coururent, en s'écriant
non sans quelque redondance :
" En brisant l'épée des Templiers on en avait fait des poignards
et leurs truelles proscrites ne maçonnaient plus que des tombeaux...
"
Ce qui signifie que nombre de sociétés secrètes qui s'établirent
en France ou ailleurs, jusqu'à la Révolution, prirent racine dans
les ruines de l'Ordre du Temple.
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