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Dictionnaire des Songes

LES TEMPLIERS

DOSSIERS
 

LES TEMPLIERS

-1-Situation avant 1305
-2-Les rumeurs
-3-Le procès
-4-La fin des templiers

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L'une des deux grandes accusations stipulées contre les Templiers étant la Goétie, c'est-à-dire la Magie Noire, l'histoire de leur procès doit être résumée ici.

Le Florentin Villani, qui écrivit au XIVè siècle, raconte une scène lugubre et singulière :
c'est la nuit, dans la forêt de Saint Jean-d'Angély, dans une clairière où un autel a été hâtivement dressé ; deux hommes se rencontrent : le Roi de France, Philippe le Bel, l'archevêque de Bordeaux, Bertrand de Goth. Philippe offre à Bertrand sa protection pour lui faire obtenir la tiare pontificale, mais le futur pape doit, par serment prononcé sur l'autel, souscrire à six conditions formelles. La sixième de ces conditions reste secrète, le roi ne la formule pas à ce moment-là ; elle est redoutable : elle engage Bertrand à poursuivre la destruction de l'ordre militaire et religieux des Templiers.
Ce récit du Florentin, démenti par divers historiens, n'offre pas toute garantie de véridicité. L'entrevue nocturne et mystérieuse n'appartient peut-être qu'à la légende. Il semble certain toutefois que des conditions furent posées, discutées, acceptées.

La puissance des Templiers était alors formidable. Leur Ordre, fondé près de deux siècles avant par Hugues de Payns, avait eu primitivement pour but la défense du Saint Sépulcre et la protection des pèlerins. Le roi Baudouin leur ayant donné une maison bâtie aux lieux où s'était élevé, croyait-on, le temple de Salomon, ils avaient pris le nom de Templiers et toute maison de leur Ordre s'était appelé Temple.
Depuis lors, l'Ordre s'était extraordinairement développé. Ses moines guerriers avaient, en Orient, formé l'avant-garde des armées chrétiennes ; ils avaient reçu en récompense de nombreuses donations; ils avaient, en Occident, acquis des biens immenses et s'étaient faits les banquiers des rois et des princes.

Au début du XIVè siècle, leurs richesses, qu'ils ne dépensaient plus en armements contre les infidèles, étaient prodigieuses et leur force militaire l'égalait. Ils étaient en Europe quinze mille cinq cents chevaliers auxquels commandait le Grand Maître, et qu'entouraient en multitude les écuyers et les frères lais, c'est-à-dire les soldats.
Ceux qu'on appelait à l'origine les Pauvres de la Sainte Cité possédaient dans toute la chrétienté plus de dix mille manoirs, nombre de forteresses, dont celle du Temple à Paris.
Dans le trésor de l'Ordre il y avait cent cinquante mille florins d'or, en ne comptant ni l'argent ni les vases précieux.


Phillipe le Bel
(1268-1314)