En France, il y eut une époque où les revenants se manifestèrent
bien volontiers, c'était sous Louis XIV. Le temps, d'ailleurs,
était favorable aux manifestations surnaturelles et aux apparitions
mystérieuses.
Les sciences occultes étaient fort à la mode. Les fervents et
ferventes de la Magie noire et sanglante abondaient à la Cour
et à la ville, on l'a vu à propos de l'Affaire des Poissons.
Parmi les fantômes de l'époque citons celui qui se montra, en
armure, à une fenêtre du château de Chantilly et annonça la mort
du Grand Condé. Mort qui eut lieu trois semaines après.
Et on se rend de la place importante que le surnaturel tenait
à la cour. en lisant la Correspondance de Madame, Duchesse d'Orléans
née Princesse Palatine, mère du Régent.
Elle remarque tout d'abord, à propos d'une vision du Prince
de Hesse, que dans les endroits où l'on croit aux revenants, on
en voit sans cesse mais c'est en vain qu'elle essaya de rencontrer
la nuit, dans la galerie de Fontainebleau. l'esprit du « Feu Roi
François 1er» . Il ne lui fit Jamais « l'honneur de se montrer
à elle ».
Elle ne put pas davantage voir l'ombre d'Henriette d'Angleterre
qui revenait dans la chambre où celle-ci mourut ; mais elle raconte
une apparition de cette princesse qui terrifia le Dauphin.
Remarquez que l'enterrement de cette malheureuse princesse fut
vu avant qu'elle mourût par un page qui en faillit lui même mourir
de peur.
Mentionnons encore le Petit Homme Rouge qui hantait les Tuileries
et qui annonça sa chute à Napoléon 1er.
Les mystifications qui prirent pour base la crainte des fantômes
sont innombrables. Elles eurent souvent une fin violente et parfois
tragique, soit pour le mystifié, soit pour le mystificateur, car
le goût d'épouvanter autrui ne va pas sans risques.
Un article sur les fantômes ne serait pas complet si nous n'en
citions une et nous choisirons celle à laquelle se livra Casanova,
un des plus extraordinaires aventuriers du dix-huitième siècle,
qui en compte bon nombre de grandioses.